L’agenda du nichoir

11 avril 2019

Les osmies cornues (et que, pour l’instant) ont donc nidifié dans des bûches percées, tiges de cardères, bambous, renouées et massettes occupant des diamètres de 4 à 12mm. Les galeries de 10 ont été les premières terminées. Celles de 12, pourtant occupées rapidement, ne sont pas encore finalisées (plus de matière à apporter ?).

Les osmies cornues sont des espèces généralistes butinant un éventail assez large de fleurs (fruitiers, saules, callune, muscaris…). Leurs besoins : une galerie, des fleurs et de la boue (ici récupérée sur une petite mare proche).

Lorsqu’un tunnel est trop petit, l’osmie doit entrer en marche arrière (dessous droite) pour décharger le pollen qu’elle transporte sous sa brosse ventrale. Pas toujours facile de bien ranger ses ailes ! Elle doit parfois s’y reprendre à plusieurs fois. Celle du dessus gauche entre en marche avant pour régurgiter le nectar (on voit sa brosse ventrale couverte de pollen jaune).

Mars 2019 / premières observations

Le temps frais y sera certainement pour quelque chose mais il aura fallu attendre ce 26 mars pour observer les allers-retours (encore peu nombreux toutefois) de plusieurs femelles d’osmie cornue. Elles auront donc été les premières à coloniser le nichoir : 3 galeries d(diamètre)12 dans du bois et 2 bambous (d12 et d10).

Femelle d’osmie cornue.

Février 2019 / Remplissage du nichoir

Le choix des matériaux

Afin de maximiser les chances d’accueillir différentes espèces d’abeilles solitaires, les matériaux et les diamètres utilisés sont multiples :

  • bûches percées (tout bois sauf résineux) avec des mèches de perceuse de 4 à 12. On perce à la longueur de la mèche. On respecte ainsi une proportionnalité entre le diamètre et la taille de la galerie. La galerie ne doit pas traverser la bûche.
  • plusieurs fagots de différentes plantes. Pour un meilleur suivi, j’ai regroupé les tiges de la même plante entre elles mais cela n’est pas une obligation.
  • tiges de fenouil
  • bambous de différents diamètres
  • tiges de cardères
  • tiges de framboisiers
  • tiges de roseaux et massettes
  • tiges de renouée
  • tiges de sureau
  • tiges d’échinops
  • tiges de tournesol
  • une vieille bûche au bois relativement vermoulu
  • un reste d’un bloc d’argile dur percé de différents trous

Remarque : la tige doit être coupée avant un nœud laissant ainsi une seule entrée (l’autre côté étant donc obturé). On positionne les tiges côté ouvert devant.

Au fur et à mesure

Les osmies cornues étant les premières à sortir courant mars et s’appropriant facilement ce type de nichoir, les tiges creuses correspondant à leur taille peuvent être très vite toutes occupées.

IL est donc intéressant de prévoir une mise en place des tiges étalée sur la première année pour laisser la possibilité de nidifier à d’autres espèces d’une taille équivalente mais plus tardives.

Janvier 2019 / Mise en place du nichoir 

Un  nichoir pour qui ?

Ce nichoir est destiné à la nidification et à l’observation des abeilles solitaires. Ces dernières pondent une dizaine d’œufs dans des tunnels de dimensions variables suivant les espèces après y avoir déposé un stock suffisant de pollen et nectar récoltés sur les fleurs.

Les abeilles que  nous accueillerons dans notre nichoir ne représentent qu’une petite partie des abeilles solitaires, celle qui sont dites rubicoles et caulicoles principalement. Elles font leur nid dans des tiges à moelle (ronce, sureau, églantier, framboisier) ou tiges creuses (bambou, renouée, ombellifères, roseau, cardères). On pourrait y voir quelques espèces xylicoles qui nidifient dans le bois mort notamment

Tiges de cardères

Nichoir ou hôtel ?

Si l’hôtel à insectes peut avoir des vertus pédagogiques, il est peut être bon de rappeler que la grande majorité des insectes pondent sur les plantes là où la descendance pourra assurer ses repas (et donc pas dans un hôtel !!!).

Extrait Des insectes et des hommes, Michel Lamy, 1997, collection Sciences d’aujourd’hui par les éditions Albin Michel « La grande majorité des insectes pond des œufs. On dit de ces espèces qu’elles sont ovipares. Mais, si la reproduction est un acte fondamental pour l’espèce, il n’a de chance de succès que si l’œuf est pondu non pas au hasard, mais en un endroit propice au développement de la larve qui va éclore, c’est- à-dire à sa nutrition. Reproduction et nutrition vont donc de pair. Il en résulte que le comportement de ponte comprend trois phases successives. D’abord la recherche de la plante-hôte, si nous partons de l’hypothèse d’un insecte phytophage (majoritaire chez les insectes). »

Un petit espace fleuri sauvage, un petit tas de bois et un petit tas de cailloux conviendront bien mieux aux insectes de manière générale.

Par contre, si les cavités de notre nichoir sont bien réalisées, de nombreuses abeilles solitaires y trouveront leur compte. Un vieux buffet récupéré fera très bien l’affaire (portes ouvertes, toit végétalisé). Exposé sud-Est, à l’abri du vent.

Partager sur Facebook :