Apicool

Autour de l'abeille… imaginez, créez, valorisez !       ---Nos actualités

Honey bees washing : les ruches domestiques, la biodiversité négative

février17

Un article de Guillaume Lemoine qui met le point sur le i de Api.

Honeybees washing

 

Cires gaufrées ou cires naturelles ?

janvier10

 

l’article complet ici Cires gaufrées

Aucune intervention depuis 30 ans

décembre28

Rencontre avec Guy

Fin d’été 2016, j’ai eu la grande joie de rencontrer Guy Aubry, en Meuse (55). Une grande joie car la vie nous apporte plus de doutes que de réponses. Et cette rencontre a apporté de la lumière.

Il m’a toujours semblé tellement incohérent de prétendre sauver durablement les abeilles en introduisant des acaricides dans leur nid. Je lisais il y a encore deux semaines : « Le premier fléau de l’abeille domestique est le varroa» sur une liste web apicole belge.

Un peu agacé, je l’avoue, je répondais :

« Le véritable fléau de l’abeille n’est pas le varroa qui ne concerne à ce jour qu’une seule espèce d’abeille sur 1000. Les véritables enjeux sont autour de notre environnement végétal. Toutes les associations qui prétendent sauver l’abeille en se concentrant sur une seule abeille « domestiquée » sont des leurres. On ne sauve pas les oiseaux en installant des poulaillers ! »

Une des réponses fut : « Chère Madame, on vous a bien lavé le cerveau ».

Inutile d’insister. Je constate que la moindre interrogation, la moindre remise en cause de « pratiques » apicoles amènent des levées de boucliers. Remettre en cause des pratiques, réfléchir à d’autres modes de fonctionnement est assimilé à des attaques personnelles. Combien de fois ai-je entendu «  ca fait plus de 20 ans que je pratique… » sous-entendu – mes pratiques sont indiscutables-.

Alors, quand je rencontre quelqu’un comme Guy, quel bonheur ! J’arrive un début d’après midi de septembre et on fait le tour de son jardin puis de ses ruches. Dès les premiers mots, nous partons dans un échangé passionné. Pauline est là, une jeune femme que Guy accompagne dans sa démarche de découverte des abeilles.

Guy est maire d’une petite commune, aviculteur, apiculteur-amateur depuis les années 70 avec une trentaine de ruches. 30 ruches reste une grande quantité à mes yeux et leur répartition en 3 groupes ne me rassure pas sur les impacts potentiels sur les autres espèces d’abeilles. L’approche globale est cependant très intéressante. La quantité de ruches permet une approche (amateur) extensive. Guy récolte très peu sur chacune d’elle en tenant compte de la saison. Il ne pratique aucune transhumance. Il ne pratique aucun traitement depuis plus de 30 ans.

Dans son jardin, il me montre une ruche « sans intervention » depuis 15 ans.

 

Sur un autre rucher, quelle surprise fabuleuse de découvrir cette autre ruche en lisière, à demi recouverte de lierre, dans laquelle nichent des abeilles à miel depuis plus de 30 ans. Celle-ci, il ne l’ouvre jamais et ne récolte pas de miel du tout. Une ruche sauvage.

D’un point de vue de la pratique apicole, Guy laisse toujours le corps de ruche et une première hausse sans intervention (donc un gros volume de stockage pour les abeilles). Ce n’est qu’après le colza qu’il installe un autre rehausse. Cette rehausse et uniquement celle-ci sera récupérée en septembre. Ces ruches ne sont pas vitrées et je ne sais donc pas comment évoluent les cires sur une période aussi longue. Mais c’est bien un sujet sur lequel je compte approfondir mes connaissances car je ne suis pas certaine, mais alors pas certaine du tout, que les cires achetées et gaufrées contribuent au parfait épanouissement des abeilles. En tout cas, chez Guy, dans un environnement plutôt correct, dans leurs cires naturelles et sans traitement acaricide, elles sont en bonne santé.

 

Guy vient d’être nommé Représentant Apicole par le président de la Chambre Régionale d’Agriculture Grand Est.

 

Merci Guy et à très bientôt. Tu risques de me voir souvent ;0).

 

 

 

 

Les problèmes de fonds ne sont pas abordés

décembre20

 

 

Le contexte
1) ce n’est pas l’apiculture qui est en voie de disparition. Au contraire de plus en plus de gens s’y mettent mais pas forcément pour le miel ou pour le miel mais à petite échelle. 2/3 ruches dans le jardin devraient suffire largement à une production familiale.
2) ceux sont les abeilles qui sont en voie de disparition. Mais quand je dis abeille, ceux sont toutes les abeilles. L’abeille qui fait le miel n’est qu’une seule abeille sur un millier.
3) une véritable action de préservation des abeilles reposerait aujourd’hui sur la prise en compte de la diversité des abeilles et non pas sur la seule installation de ruches. 3/4 des abeilles sont terricoles. Je n’ai encore vu aucune grande ville « investie » dans la préservation des abeilles rechercher et faire préserver des talus qui hébergent ces espèces (bien au contraire, ils sont rasés et les friches sont affectées à des éco quartiers par exemple..). Et pour ces abeilles, il faut des fleurs, des fleurs sauvages. On en parle peu également.

Ainsi,  une disparition programmée de l’Andrène vagabonde au parc des Hautes Bruyères, à côté de Paris (ce qui laisse perplexe comte tenu du tapage médiatique concernant l’installation des ruches sur les toits de Paris et du lancement à Paris même du Plan National d’Actions en faveur des pollinisateurs dont la concrétisation majeure visible à ce jour est le programme d’installation de 1200 ruches sur les territoires à énergie positive !!! Incohérence.)

Autre article, les spécialistes ne sont pas entendus. Paris trop de de ruches ?

Une part des problématiques
– Il me semble que dans ce métier d’apiculture, chacun fait ce qu’il veut. C’est le cas par exemple de la transhumance où chacun installe le nombre de ruches où il veut (c’est comme cela que la varroa s’est baladé dans toute la France). Compte tenu de l’ensemble des problématiques sur les ruches de production, ne devrait on pas interdire la transhumance ? Oui mais comment font alors les apiculteurs pro pour faire produire leurs abeilles dans un désert végétal ? Les questions de fonds ne sont pas abordées.
– Même si je n’ai aucune estime pour l’apiculture industrielle, je pense qu’elle est le fruit d’une culture générale où la nature n’est qu’un objet d’exploitation (peu de gens voient la nature autrement, ce n’est pas caractéristique d’un groupe de populations apiculteur ou pas) ce qui se traduit dans notre environnement global par la pauvreté végétale dans laquelle nos abeilles se trouvent et l’ensemble de la vie sauvage que nous perdons davantage chaque jour.

Pour survivre, un apiculteur qui vit de sa production aujourd’hui a peu de choix que d’adopter des techniques de production dans un stress permanent pour lui et ses bêtes. Finit le temps où il suffisait de récolter. La rentabilité impose ses méthodes. Lorsque l’on connait l’importance de la quantité et et de la qualité des fleurs pour la production de quelques grammes de miel et lorsqu’en parallèle on regarde (vraiment) autour de soi, on peut alors s’interroger sur l’inconnue de l’équation : (fleurs) + x = miel.

 

Pour conclure

Préserver les abeilles passe aujourd’hui par une réelle prise de conscience sur l’importance du vivant sauvage dans nos vies et par des actions en priorité sur le végétal, les espaces sauvages et sur la diversité des espèces. Cela demande un véritable changement dans nos modes de fonctionnement et notre rapport à la nature.
Installer des ruches domestiques pour sauver les abeilles, c’est comme si on installait des poulaillers pour sauver les oiseaux. C’est agiter un beau drapeau mais c’est surtout agiter du vent. Le problème c’est que ça parle aux gens parce que 80% des gens sont comme moi il y a 7 ans et pensent que l’abeille se résume à une seule et unique espèce ou bien s’en fiche tout simplement.
D’où vient notre ignorance sur ce sujet comme tant d’autres lorsqu’il s’agit de nature ?

Boites en plastiques. Vaches à miel. Burn out.

juillet5

Au départ, les abeilles sont sylvicoles; Elles nichent dans des arbres creux en forêt.
Aujourd’hui, je vois de plus en plus de ruches en plastiques. Cela me laisse interrogative et me questionne quand à la prochaine étape dans l’industrie apicole.

Télécharger l’article complet Boitesplastiques