• Rencontre avec un passionné de bourdons

    Direction la frontière Luxembourg-Belgique. Juin 2016. Nous partons rencontrer Jean Habay, un amoureux des abeilles.

    Passionné d’insectes depuis son enfance, Jean a du se détourner des abeilles de la ruche pour des raisons d’allergie. Mais pas question de vivre sans les abeilles. Il a donc plongé dans le monde des bourdons qui font également partie du groupe des Apidés*. Cela fait quelques années maintenant qu’il les observe et qu’il développe des colonies de manière tout à fait naturelles non pas pour les vendre mais pour les étudier et mieux les comprendre. Ses ruches, ses belles caisses à vin, de vieux meubles… tout est recyclé en boites à bourdons.

    La chose n’est pas si aisée d’ailleurs. Il nous fait part de quelques unes de ses observations pratiques. Impossible par exemple de mettre une reine d’une espèce sur les œufs d’une autre espèce. Dès la naissance des ouvrières, la reine sera non reconnue et mise à mort. Si on souhaite diviser un nid pour le multiplier, il faut le faire à un certain stade.

    Les nids des bourdons terrestres sont beaucoup plus populeux. Ils commencent plus tôt en saison et profitent peut être de la flore plus abondante du printemps. Les bourdons des champs ne donnent que des petites colonies.

    Jean ramasse également tous les bourdons morts qu’il trouve. Ceci lui permet d’apprendre à les identifier et d’avoir une collection d’espèces à montrer. Il aime à partager sa passion et ses découvertes et n’hésite pas à se rendre dans des écoles pour ce faire. Jean a également accepté de participer à un nos projets (pour juin 2018).

    Dans son jardin, il y a forcément beaucoup de fleurs. Il y a aussi un hamac. Le hamac est à coté des nids de bourdons. C’est là qu’il fait la sieste.

     

    *Les abeilles appartiennent à la super famille des Apoides. Dans cette super famille, il y a la famille des Apidés dans laquelle on retrouve notamment le genre Apis – l’abeille de la ruche- et le genre Bombus – les bourdons.

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  • Le choix du bourdon

    Le choix du bourdon

    « Objet de nombreuses observations, l’évolution se prête à l’expérience aussi…

    Pour mener à bien celle dont je vais vous parler aujourd’hui il aura fallu moins de patience que pour étudier Dark Fly (voir le billet Oeuvre au noir).  Les résultats en sont présentés par les biologistes Florian Schiestl et Daniel Gervasi (de l’université de Zurich) dans le journal Nature Communications. Ils mettent en évidence, chez Brassica rapa (la navette ou le navet), des phénomènes d’évolution et d’adaptation induits par la nature de ses pollinisateurs.

    La diversification engendrée par les pollinisateurs est considérée comme une source majeure de variation florale chez les plantes. Ce mécanisme est cependant étudié le plus souvent de façon indirecte :  on observe le résultat (la variation) pour en discuter les critères adaptatifs (à tel ou tel environnement / pollinisateur). Le billet L’abeille, la mouche et la fleur en est un bel exemple. Cette étude présente l’originalité de décortiquer un mécanisme d’évolution divergente chez les plantes et de démontrer directement l’existence de sélection par la nature des pollinisateurs.

    Pour cela, les auteurs ont restreint sélectivement la pollinisation de différents lots de navette, pendant neuf générations : un groupe est pollinisé uniquement par le Bourdon terrestre, Bombus terrestris, un autre par le Syrphe ceinturé (diptère ou « mouche »), Episyrphus balteatus, et un troisième manuellement. Et ils ont ensuite analysé la morphologie (le phénotype) des plantes. Les résultats sont sans appel. Les plantes pollinisées par les bourdons ont évolué vers des fleurs plus grandes, plus parfumées et présentant une réflexion des UV accrue. En outre, à la fin de l’expérience, les bourdons préfèrent les fleurs issues de la lignée pollinisée par les bourdons. Il y a bien eu adaptation des plantes aux préférences des bourdons. A contrario, les plantes pollinisées par les Syrphes portent des fleurs plus petites et produisant moins de composés aromatiques. Elles sont en outre plus sujettes à l’auto-pollinisation (c’est à dire la pollinisation du pistil d’une fleur par le pollen de la même fleur, sans besoin de transport d’une fleur à une autre et donc sans pollinisateurs). Les Syrphes sont en effet des pollinisateurs moins efficaces que les Bourdons : les plantes s’y sont donc adaptées en contournant la nécessité de fécondation croisée.

    Cette étude expérimentale met donc en évidence simplement un cas d’évolution rapide (seulement neuf générations!). Ce genre de processus évolutifs rapides existent hors des champs expérimentaux et des serres de laboratoire. Et si on se réfère aux postes de Ricochets, sont beaucoup plus courants que ce que l’intuition imagine. »

    Lien vers l’article Le choix du bourdon

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